Équinoxe du 20 mars: Le passe avant le renouveau
par Monia GagnonTu l’as senti, hein…
Depuis le début de cette année, il y a quelque chose qui ne se place pas comme on nous l’avait promis.
On parlait d’une année de feu, d’un mouvement puissant, d’un élan qui allait tout activer… certains ont même nommé l’énergie du cheval de feu, comme une traversée intense mais porteuse, presque spectaculaire, et pourtant, dans le réel, ce que beaucoup vivent, c’est tout autre chose.
C’est plus lourd que prévu.
Plus exigeant.
Par moments même déstabilisant.
Il y a cette fatigue qui colle, même quand tu te reposes.
Ces émotions qui montent sans prévenir, comme des vagues qui n’ont pas demandé la permission.
Ce sentiment étrange d’être en train d’avancer… sans vraiment avancer, comme si quelque chose en toi travaillait en profondeur pendant que la surface, elle, hésite.
Et ça peut créer un doute.
Te faire te demander si tu es en retard, si tu as manqué quelque chose, si tu devrais faire plus, comprendre plus, bouger plus…
Mais si tu regardes autrement…
Et si ce que tu vis n’était pas un blocage, mais un passage?
Parce que l’équinoxe qui arrive n’est pas un simple changement de saison qu’on note sur un calendrier.
C’est un point d’équilibre réel, ancien, reconnu bien avant nos repères modernes comme un moment charnière, un seuil où les forces s’égalent, où la lumière et l’ombre cessent de se confronter pour enfin se rencontrer à parts égales.
Et dans plusieurs traditions anciennes, ce moment marquait le véritable début de l’année, non pas en janvier, mais ici, à cet instant précis où tout se remet à zéro dans un équilibre parfait, comme si la Terre elle-même reprenait son souffle avant de relancer le mouvement.
C’est pour ça que ce que tu ressens en ce moment est si particulier.
Parce qu’avant l’équilibre… il y a une compression.
Un resserrement.
Une montée de tout ce qui ne peut pas suivre dans la prochaine phase.
Le corps le ressent, parfois comme une fatigue inhabituelle, une lourdeur, une sensation de ralentissement forcé.
Les émotions se manifestent plus fort, non pas pour te déstabiliser, mais pour se libérer.
Le mental peut devenir flou, hésitant, comme s’il perdait ses anciens repères sans encore voir les nouveaux.
Et c’est exactement là que tu es.
Pas en train de reculer.
Pas en train de manquer quelque chose.
Mais en train de te réajuster.
Parce que l’équinoxe agit comme une bascule silencieuse.
Ce n’est pas un pic d’énergie spectaculaire, ce n’est pas un moment où tout explose ou devient clair instantanément… c’est un pivot subtil, mais fondamental, où le système passe d’un travail intérieur à un mouvement extérieur.
Avant, on nettoie.
On trie.
On libère.
On se réaligne.
Après… on avance.
Et c’est pour ça que ce début d’année a été plus difficile pour beaucoup, malgré tout ce qui a été dit.
Parce qu’avant de porter le feu… il faut faire de la place pour lui.
Alors si en ce moment tu te sens plus lent, plus sensible, plus intérieur, si tu ressens le besoin de t’arrêter, de te retirer un peu, de comprendre sans forcément trouver toutes les réponses…
Ne lutte pas contre ça.
Tu es exactement là où tu dois être.
Ton système est en train de faire ce pour quoi il est conçu, même si ça ne ressemble pas à ce que tu attendais.
Et lorsque ce point d’équilibre sera traversé, même doucement, même subtilement, tu vas sentir que quelque chose en toi se remet en mouvement, mais pas de la même façon qu’avant.
Ce ne sera pas une poussée brusque.
Ce sera plus juste.
Plus aligné.
Plus clair.
Comme si tu ne forçais plus… mais que tu suivais enfin le bon courant.
Alors laisse-toi passer ce seuil.
Parce que ce que tu ressens aujourd’hui…
n’est pas un retard.
C’est une préparation.
Et ce qui vient après…
va te ressembler beaucoup plus que ce que tu laissais derrière.